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Du côté de l'ubac, ce chevauchement de l' anticlinal tend à déborder sur le synclinal du Jabron qui a creusé son lit dans des marnes du Crétacé supérieur [ 8 ].

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Soutien à la photographie documentaire contemporaine. Soutien à la recherche en théorie et critique d'art. Poursuivons le rêve de Jean Tinguely! Appel à candidatures pour la commande photographique nationale Flux, une société en mouvement.

En bref Trois bureaux d'architectes auditionnés pour le futur bâtiment du Cnap à Pantin. Rapports de recherches Consulter les comptes-rendus de recherches soutenues par le Cnap Artistes 60 Théoriciens et critiques d'art 42 Restaurateurs d'art 2. Il a été identifié le grand rhinolophe , le petit rhinolophe , la barbastelle d'Europe , le grand murin , le petit murin , le vespertilion de Capaccini , le vespertilion de Bechstein et le minioptère de Schreibers [ 59 ].

On y trouve aussi des blaireaux , des renards ou encore, parmi le petit gibier, des lièvres [ 9 ] , des lapins , des perdrix , des grives , des bécasses et de rares coqs de bruyère [ 60 ]. Jean-Paul Clébert rappelle que le loup et l'ours étaient présents dans la montagne de Lure jusqu'à la période moderne [ 61 ].

Pour ce dernier, en atteste toujours la combe de l'Ours [ 62 ]. Depuis le milieu des années , les spécialistes prévoyaient le retour du loup en Haute-Provence où cerfs, sangliers, chamois et chevreuils n'avaient aucun prédateur naturel. En , ce furent quarante à cinquante individus tout proches qui furent comptabilisés [ 62 ]. La vallée du Jabron fut leur premier lieu de passage. La présence du loup fut confirmée par l'analyse d'une crotte relevée en juillet sur la commune de Saint-Étienne-les-Orgues [ 63 ].

Conséquence logique, dans le mont Ventoux , les premiers indices de présence furent détectés durant l'été , par observations visuelles, puis par des carcasses de proies sauvages en et [ 64 ]. Cette année-là cent attaques avaient été dénombrées, soit deux fois plus qu'en , et trois cents brebis avaient été tuées par le loup. Le député-maire de Sisteron commenta: Heureusement, le Luberon est habité par toutes les stars de notre pays.

On a donc une chance que des mesures soient prises [ 65 ]. À la suite de ce massacre, les parlementaires du département lancèrent à nouveau un appel aux pouvoirs publics pour autoriser les bergers à tirer sur les loups [ 66 ]. L' avifaune est variée. Elle se compose d'oiseaux rupicoles tels que le vautour fauve [ 9 ] , le faucon pèlerin , le grand-duc d'Europe , le monticole de roche , le crave à bec rouge et le bruant fou [ 10 ]. Viennent ensuite des espèces forestières comme l' aigle royal , l' aigle botté , le tétras lyre , la gélinotte des bois et la chouette de Tengmalm [ 10 ].

Enfin, on trouve des espèces liées aux milieux ouverts et d'affinité méditerranéenne dont le circaète Jean-le-blanc , le busard cendré , la huppe fasciée , le petit-duc scops et le guêpier d'Europe [ 10 ]. L' herpétofaune est composée de vipères d'Orsini [ 10 ] , de vipères aspic , de couleuvres , de lézards verts [ 9 ] et de lézards ocellés [ 10 ]. Couple de lézards ocellés, sur un rocher. Le mâle, à droite, présente une tête épaisse et robuste, aux bajoues fortes, celle de la femelle est plus menue.

Les arachnides sont représentées par le scorpion noir des Carpates Euscorpius carpathicus [ 10 ]. Entomophage, elle se nourrit de sauterelles et criquets [ 10 ]. Elles sont au nombre de 26 situées à cheval sur la Drôme et les Alpes-de-Haute-Provence. Dans la Drôme se trouvent: Le milieu forestier de Lure et son évolution sont intimement liés aux hommes et leur histoire. Lure a tendance à devenir un arrière-pays à la portée de citadins à la recherche d'un mode de vie différent.

Dans les faits cela se traduit par un renouvellement des populations villageoises [ 71 ]. Cette tendance s'est accélérée par l'urbanisation massive du Val de Durance jointe à une pression foncière dans le pays de Forcalquier. Loin d'être isolé, le territoire de Lure s'est intégré dans un ensemble dont il convient de comprendre la dynamique afin de prévoir son impact sur le milieu naturel du site [ 71 ].

La montagne de Lure abrita une population d'agriculteurs, d'apiculteurs, de sériciculteurs, de charbonniers, de bûcherons, de pâtres, de sabotiers, etc. Sa richesse en plantes aromatiques attira les herboristes, les droguistes de Lure [ 9 ].

Cette diversité d'activités impliqua une diversité d'occupation des sols qui se traduisit à la fois dans le type de maison nécessaire à l'activité professionnelle et dans l'architecture de celle-ci. Comme l'ont expliqué, dès , Michel Chiappero, urbaniste, et Corine Corbier, paysagiste: Qu'ils soient encore accueillants et en pleine activité, qu'ils soient abandonnés et en ruines, tous permettent de découvrir la structure villageoise et ses différents habitats tels qu'ils étaient il y des siècles et tels qu'ils sont restés [ 73 ].

Ce type d'habitat est considéré comme typiquement provençal, il est surtout typiquement méditerranéen. Ces villages perchés se trouvent essentiellement dans les zones collinaires dont le terroir est pauvre en alluvions et où l'eau est rare. De plus ce groupement en communauté refermée sur elle-même correspond à des régions de petites propriétés, où les seules terres fertiles se situent au fond de quelques vallons, et ce regroupement a facilité l'existence d'un artisanat rural indispensable aux villageois charron, forgeron, etc.

A contrario , l'habitat dispersé implique de grands domaines qui tendent à vivre en autarcie. Effectivement ce type d'habitation, qui se retrouve essentiellement dans un village, superpose sous un même toit, suivant une tradition méditerranéenne, le logement des humains à celui des bêtes. La maison en hauteur se subdivise en une étable-remise au rez-de-chaussée, un logement sur un ou deux étages, un grenier dans les combles.

Elle était le type de maison réservée aux paysans-villageois qui n'avaient que peu de bétail à loger, étant impossible dans un local aussi exigu de faire tenir des chevaux et un attelage [ 76 ]. Celles-ci finies, il y eut un mouvement de sortie pour établir dans la périphérie de l'agglomération des maisons à terre , plus aptes à recevoir des bâtiments annexes [ 77 ].

En effet, ce type d'habitation, regroupant gens et bêtes dans un village, ne pouvait que rester figé, toute extension lui étant interdite sauf en hauteur. Leur architecture est donc caractéristique: Pour celles qui ont été restaurées avec goût, on accède toujours à l'étage d'habitation par un escalier accolé à la façade [ 77 ].

Compartimenté dans le sens de la longueur, ce type de maison représente un stade d'évolution plus avancé que la maison en hauteur. Il est caractéristique de l'habitat dispersé [ 79 ]. C'est l'habitation traditionnelle des pays de culture extensive [ 80 ]. Ce type de maison est divisé en deux parties très distinctes dans le sens de la longueur. Le rez-de-chaussée est occupé par une salle commune dans laquelle est intégrée la cuisine. Très souvent se trouve à l'arrière un cellier contenant la réserve de vin et une chambre.

Un étroit couloir, qui permet d'accéder à l'étage, sépare cet ensemble de la seconde partie réservée aux bêtes. Celle-ci se compose d'une remise qui peut servir d' écurie et d'une étable. L'étage est réservé aux chambres et au grenier à foin qui correspond par une trombe avec l'étable et l'écurie [ 80 ].

À cet ensemble, s'ajoutaient des annexes. Une des principales était la tour du pigeonnier , mais la maison se prolongeait aussi d'une soue à cochons , d'une lapinière , d'un poulailler et d'une bergerie [ 80 ]. La construction d'un tel ensemble étant étalée dans le temps, il n'y avait aucune conception architecturale préétablie.

Chaque propriétaire agissait selon ses nécessités et dans l'ordre de ses priorités. Ce qui permet de voir aujourd'hui l'hétérogénéité de chaque ensemble où les toitures de chaque bâtiment se chevauchent généralement en dégradé [ 81 ]. Chaque maison se personnalisait par son aménagement extérieur. Il y avait pourtant deux constantes. La première était la nécessité d'une treille toujours installée pour protéger l'entrée.

Son feuillage filtrait les rayons de soleil l'été, et dès l'automne la chute des feuilles permettait une plus grande luminosité dans la salle commune [ 81 ]. La seconde était le puits toujours situé à proximité. Il était soit recouvert d'une construction de pierres sèches en encorbellement qui se fermait par une porte de bois, soit surmonté par deux piliers soutenant un linteau où était accrochée une poulie permettant de faire descendre un seau.

L'approvisionnement en eau était très souvent complété par une citerne qui recueillait les eaux de pluie de la toiture [ 81 ]. Alors qu'aucune maison en hauteur ne disposait de lieu d'aisance, même en ville, la maison à terre permet d'installer ces lieux à l'extérieur de l'habitation.

Le pigeonnier devint, après la Révolution la partie emblématique de ce type d'habitat puisque sa construction signifiait la fin des droits seigneuriaux, celui-ci étant jusqu'alors réservé aux seules maisons nobles.

Il était soit directement accolé à la maison mais aussi indépendant d'elle. Toujours de dimension considérable, puisqu'il était censé ennoblir l'habitat, il s'élevait sur deux étages, le dernier étant seul réservé aux pigeons. Pour protéger ceux-ci d'une invasion de rongeurs, son accès était toujours protégé par un revêtement de carreaux vernissés qui les empêchait d'accéder à l'intérieur [ 80 ]. Ce type d'habitation est composé de bâtiments et de dépendances ordonnés autour d'une cour centrale.

Cet ensemble est caractéristique des grands domaines céréaliers et prend souvent l'aspect d'un château avec des murs flanqués d' échauguettes et des tours d'angle. Il est adapté à une vie agricole où le climat n'impose pas une grange pour engranger les javelles de blé avant le dépiquage , celui-ci ayant lieu aussitôt les gerbes coupées sur l'aire de terre battue.

Dans ce mode culturel, les grains sont entrés en sacs dans une remise tandis que les moissonneurs élèvent les meules de paille avec comme seule protection contre la pluie un mélange de poussier et de terre glaise. Seul est rentré le fourrage [ 82 ]. Cette structure agraire est rare en Provence [ 82 ].

C'est le style des grandes maisons seigneuriales qui va traverser les siècles même après la Renaissance. Il s'agit de bâtisses isolées, avec ou sans cour intérieure, dont la façade est flanquée de tours d'angle [ 83 ]. La fortification des maisons de campagne est une pratique fort ancienne.

Elle se retrouve, dès le haut Moyen Âge , avec le castellum dont celles de Provence reprennent le plan avec ses tours d'angle. L'existence de cette maisonnette des champs est toujours liée à une activité agricole qui contraint le paysan à rester éloigné de sa résidence habituelle.

Dans son étude sur l'habitat rural, Fernand Benoit envisage à la fois le cas du pastoralisme et celui de la sédentarité. Pour le premier, la transhumance , qui permet aux troupeaux d'estiver dans les alpages , implique l'usage d'un habitat sur place de type élémentaire pour le berger. Suivant le lieu, il prend l'aspect d'un jas en pierre sèche ou d'une cabane édifiée en matériaux composites.

Ce refuge lui sert à la fois d'abri et de laiterie [ 84 ]. Pour le paysan sédentaire, c'est l'éloignement de ses cultures qui impose un habitat aménagé près de son champ. Dans ce dernier cas, le cabanon correspond à un véritable habitat saisonnier qui est utilisé lors des travaux de longue durée [ 84 ]. Ces cabanons, qui se trouvent à l'orée ou au centre du champ, avaient aussi un rôle d'affirmation sociale pour le paysan.

On nomme ainsi en Provence une cabane de pierre sèche. Le terme de borie est plus spécifique à la basse Provence et celui de cabanon pointu courant dans les Alpes provençales région de Forcalquier.

Ce type de construction réalisé uniquement en pierres sèches, permettait au paysan de stocker serrer en provençal ses instruments agraires, protéger sa récolte ou plus spécifiquement sa réserve d'eau et, au besoin, d'y passer la nuit.

C'était donc une annexe de l'habitat permanent [ 84 ]. Ce type de construction en pierre sèche est facilité par l'épierrage des champs. En Provence, il est courant dans les régions montueuses, de plateaux secs, des coteaux travaillés en restanques [ 85 ]. Les toitures de lauses sont typiques des zones de montagneuses. Dans la montagne de Lure, comme sur le plateau d'Albion ou le mont Ventoux voisins, la lause, éclat de calcaire plat et dur, est un matériau courant et solide.

En dépit de son poids, elle a l'avantage d'être sur place et de donner une excellente couverture, résistante aux intempéries, et de permettre une bonne isolation thermique [ 86 ]. Afin d'éviter que le bout apparent des claveaux ne vienne poinçonner les lauses qui les recouvrent, la technique des couvreurs consistait à répandre sur l' extrados une couche de petites pierres et d'argile mêlées, obtenant ainsi une meilleure répartition du poids des lauses sur les claveaux tout en assurant à celles-ci une assise stable [ 87 ].

Si son utilisation a été courante du haut Moyen Âge à l'époque contemporaine, ce matériau tombe de nos jours en désuétude et n'est plus utilisé que pour la restauration des toitures anciennes. En dépit de ses avantages, dont le moindre n'est pas son aspect rustique parfaitement intégré à l'environnement, la couverture en lauses a laissé place à d'autres styles de toitures, dont les tuiles, qui ne nécessitent ni un long temps de pose ni un entretien aussi régulier [ 86 ].

Des outils typiques du Gravettien faits en silex du Stampien et utilisés comme offrande ont été retrouvés dans plusieurs sépultures des grottes de Grimaldi Bauma Grande, Baousso da Torre et Grotte des Enfants. Ce matériel lithique provient du pied méridional de la montagne de Lure, dans une zone où se trouvent également les ateliers d'extraction du Néolithique final de la vallée du Largue.

De récentes fouilles ont mis en évidence une exploitation importante de silex à cette période sur plusieurs sites. Ceux-ci confirment sa diffusion, en tant que matériau de prestige, dès le protoaurignacien [ 88 ]. Après la campagne de - av. Des fouilles archéologiques ont permis d'exhumer un grand sanctuaire gallo-romain dont les vestiges, essentiellement des lampes votives, sont conservés au musée archéologique d' Apt. Ce lieu, surnommé le Lourdes des Gaulois, ne semble pas avoir été christianisé [ 90 ].

C'est une fois l'habitat descendu dans la vallée, que les constructions de l'oppidum furent détruites et remplacées par ce complexe cultuel.

Les murailles conservées délimitaient une enceinte à laquelle menait une voie sacrée. Un grand pèlerinage se mit en place, à partir des premières années de l' ère chrétienne. La montagne de Lure est franchie de manière régulière à l'époque romaine au pas de Redortiers, au col de Saint-Vincent et à la baisse de Malcor, comme l'attestent les sites archéologiques situés sur les voies y menant au Contadour, à Jansiac et au Jas de madame [ 93 ].

Les vestiges de l' Antiquité romaine correspondent à des établissements agricoles et artisanaux ainsi que, ponctuellement, à des sépultures à incinération ou à inhumation le long des axes de communication. Ils sont denses dans les zones fertiles. Sur le versant sud, ils ont été trouvés à Cruis, Saint-Étienne-les-Orgues, Ongles, Banon et sa vallée, à l'ubac, aux thermes de Montbrun-les-Bains, Bevons et dans la vallée du Jabron [ 95 ].

Il a été fouillé entre et Quelques inscriptions renseignent sur le culte des dieux. À Aubignosc une se rapportait à Sylvanus , à Noyers-sur-Jabron, une autre à Mars , tout comme à Châteauneuf-Miravail, où en , fut découverte, au quartier de Lange, une stèle épigraphique en l'honneur de Mars Nabelcus [ 95 ].

Il crée une institution originale, la concathédralité: Chaque chapitre administre une partie du diocèse: Louis Stouff , en , a réalisé une étude qui a pu mettre en évidence l'importance du peuplement de la montagne au cours du Moyen Âge et la disparition de nombre d'habitats depuis cette période. C'était, le plus souvent, des petits villages regroupés autour d'un castrum.

Elle a été fondée par l' abbaye de Boscodon , fille de l' abbaye Notre-Dame-de-Chalais [ 99 ] , et construite, dès , sous la responsabilité de Guigues de Revel. L'acte de donation fut confirmé en [ ]. Il y était fait mention, entre autres, d'un cellier, sis près de Saint-Étienne-les-Orgues , donné par Guillaume IV de Forcalquier , en novembre [ ].

S'y ajoutaient les prieurés donnés à l'abbaye dans le pays d'Aigues , la région de Manosque et la vallée du Jabron [ ].

Comme en , l'abbaye de Chalais avait intégré l' ordre des cisterciens , celle de Lure demanda d'être rattachée aux dominicains d' Aix. L'abbaye fut rattachée au chapitre de la cathédrale Notre-Dame des Doms d'Avignon [ ]. Dès lors, la règle se relâcha et il y eut de moins en moins de moines qui restèrent l'hiver à l'abbaye.

Ils préféraient descendre à leur cellier qui fut désormais rebaptisé l' Abbadié l'abbaye. Placée désormais sous l'autorité d'un abbé commanditaire qui ne résidait pas, l'abbaye périclita. Elle fut brûlée, en , au cours des guerres de religion , le même sort fut réservé à l' Abbadié , en Mais en , le conseil de ville de Saint-Étienne et le clergé local décidèrent de faire restaurer les lieux. Des travaux furent entrepris tant sur l'abbatiale, que sur l'ermitage, la fontaine et la citerne.

Ils s'achevèrent en [ ]. En , l'abbé commanditaire se vit dépouiller de ses ressources par la vente des terres agricoles de Lure.

Le conseil municipal de Saint-Étienne, quant à lui, se porta acquéreur, le 4 avril de l'abbaye et de ses communs ainsi que de la source. Petit à petit les abords furent aménagés par la plantation de vingt-deux tilleuls, en , la restauration de l'ermitage, en , et celle de la façade en [ ]. Une nouvelle campagne de restauration s'est ouverte en [ ].

En , l'astronome belge Godefroy Wendelin fut témoin d'une éclipse à Forcalquier. Grâce à la protection d'André d'Arnaud, lieutenant général de la sénéchaussée, dont il était le précepteur des enfants, il put s'installer au château des Graves, à Châteauneuf-Miravail puis continuer ses observations météorologique et astronomique sur la montagne de Lure. Les villages d' Ongles , l'actuel et celui qui est abandonné et dit le Vieil-Ongles, furent une place-forte du protestantisme en Haute-Provence de à , année de la révocation de l'édit de Nantes [ ].

Lors des guerres de religion , en , le village du haut fut pris par les huguenots commandés par le baron de Consonoves [ ] , [ ]. Il s'y retrancha, tout en permettant aux catholiques de continuer à pratiquer leur culte. Le baron en fut pourtant chassé en après plusieurs escarmouches entre ses troupes et la garnison catholique de Forcalquier [ ] , [ ].

En , ce fut l'armée royale qui mit Ongles à sac [ ]. Puis, dix ans plus tard, les fortifications et le temple protestant furent détruits et le village dut descendre dans la plaine [ ]. Les habitants s'installèrent au hameau de Fontaine qui devint le nouveau centre villageois. Convertis majoritairement à la Réforme , ils établirent leur temple dans une bastide du hameau des Verdets, au sud du nouvel Ongles, grâce à la liberté que leur accordait l' édit de Nantes promulgué en Mais celui-ci fut investi, le 28 avril par ordre du procureur du roi, siégeant à Forcalquier.

Ce fut Jean d'Arnaud, lieutenant général de la sénéchaussée, qui intervint en plein culte ce qui lui permit de ficher les noms de douze hommes et de neuf femmes, la plupart appartenant à une même famille, les Verdet [ ].

Un juge leur signifia alors, au nom du procureur du roi, que l'exercice de la religion prétendue réformée était injuste et insupportable. Puis il adjoint aux consuls d'Ongles, les sieurs Poncet Bernard et Gaspard Turin, ainsi qu'à son lieutenant de police Laurent Roux, de veiller à ce que ces assemblées ne se tiennent plus sous peine d'être coupables de connivence [ ].

Au début des années , Jacques Bibaud de Lignonet, trésorier de la marine à Toulon , fit construire sa résidence dans le village du bas, ce qui accéléra l'abandon du Vieil-Ongles [ ]. Mais, en , l' édit de Fontainebleau , abolissant l'édit de Nantes, fut fatal à la communauté protestante, qui disparut, ses membres émigrant ou étant convertis de force [ ]. En , l'édition de la carte Cassini laisse apparaître une forêt peu importante. Sur l'adret, il n'y a que deux massifs, le premier s'étend d'Aubignosc à Cruis, le second de Lardiers à Saint-Étienne-les-Orgues.

Sur l'ubac, l'exploitation forestière a été aussi forte puisque ne subsistent que quelques sapinières dans des lieux inaccessibles [ ]. Un peu plus importante sur le versant sud, elle fournissait pâturages dans les clairières et alpages au sommet, permettait le ramassage du bois , la cueillette des champignons , des baies des bois ou des faînes , ainsi que l'exploitation des charbonnières.

Ses principales essences étaient le chêne pubescent sur les parties basses et le sapin sur les hauteurs de la montagne [ ]. Son aire déclina avec l'essor démographique et les besoins industriels forgerons, faïenciers, verriers, tuiliers, fondeurs, chaufourniers, etc.

Le reboisement de zones instables, la régénération naturelle et l'exode rural inversèrent la tendance [ 9 ]. Bien que la forêt de pin noir ne soit pas autochtone, cette essence a été retenue pour ses capacités de pousse rapide et pour retenir les sols.

Cette Restauration des Terrains de Montagne RTM fut une réussite d'ailleurs accentuée par le déclin rural qui suivit la fin de la Première Guerre mondiale. Abandonnées, les terres pâturées ou cultivées furent reconquises par la forêt [ ]. Les harkis de Sisteron semèrent de sapins les hêtraies à partir de , puis une forêt fut créée de toutes pièces dans la commune des Omergues entre et [ ].

Venus des monts du Forez , ils partaient à la scie de la Saint-Michel à la Saint-Jean vers des climats plus méridionaux. La montagne de Lure, suivie du mont Ventoux fut un de leurs lieux de prédilection.

Organisés en brigades, venant du même village et souvent parents, ils apportaient leurs scies pour débiter les troncs des hêtres en planches. Leurs carnets d'ouvriers, obligatoirement visés par les autorités, ont permis de connaître leurs noms et leurs lieux d'origine.

Ils se nommaient Allivot, Savinel, Courveille, Jouvet, Bouillon ou Faveral et leurs patronymes se retrouvent encore sur place quand ils ont fait souche. Installés, ils devenaient marchands de bois ou de vin [ ]. Certaines charbonnières peuvent dater du Moyen Âge.

Les sites étaient réutilisés dès la repousse soit environ tous les vingt-cinq ans. Il y avait avantage à réoccuper ces lieux car le nivelage du sol était réduit et la charbonille de la meule précédente facilitait l'allumage de la nouvelle. Cette activité s'étendait de mai à novembre [ ].

Menant en forêt la vie précaire des tâcherons, ils élevaient des chèvres pour leur lait. Mais celles-ci, considérées comme un facteur de déboisement, les gardes-forestiers n'en toléraient qu'une pour un couple de charbonniers, deux s'il y avait des enfants.

Outre le lait et le fromage, quelques poules, des pommes de terre troquées contre des travaux dans les champs, de la polenta, des produits de la chasse et de la cueillette composaient le quotidien [ ]. Produire cinq tonnes de charbon de bois exigeait d'une famille un mois de travail. Encrassés par le charbon, ces étrangers furent toujours assez méprisés des autochtones. Beaucoup se firent naturaliser avant la Seconde Guerre mondiale pour échapper aux lois limitant l'emploi des immigrés [ ].

Les charbonniers de Lure avaient fort mauvaise réputation. Quant à Pierre Magnan , dans son roman Les charbonniers de la mort qui se déroule en , il narre l'histoire d'un charbonnier qui arrive à Combe-Madame, dans Lure, où son frère Attilio, lui aussi charbonnier, arrondit son pécule en vendant un aphrodisiaque Il lui apporte un adjuvant qui doit rendre plus digeste la drogue proposée aux notables du village.

Mais leur fête galante de la Saint-Pancrace approche et le petit Rosito est déjà parti livrer les cornets de poudre. Au cours de ces ripailles il va y avoir des morts.

Le dernier charbonnier de Lure fut Second Usseglio, piémontais né en dans la province de Turin. Devenu orphelin de mère, il vécut toute son enfance sur le lieu de travail de son père, une cabane de charbonnier. Scolarisé à Saint-Étienne-des-Orgues, il lui fallait trois heures de marche aller-retour pour se rendre en classe. Ce ne fut qu'après le certificat d'études qu'il quitta l'école, afin de pouvoir travailler avec son père.

Une charbonnière nécessitait deux cent-cinquante stères de bois. Il apprit le métier en se blessant trois fois avec sa hache et s'y rompant le dos. Pendant la guerre, Usseglio fut réquisitionné par le STO dans le Nord de la France d'où il s'échappa pour revenir se cacher dans la montagne de Lure. Après , il changea de métier et entra en apprentissage chez un boucher charcutier. Ayant obtenu la nationalité française, il ouvrit sa propre boucherie à Ménerbes , dans le Luberon.

Il y exerça pendant trente-quatre ans avant de venir prendre sa retraite à Saint-Étienne [ ]. L'avènement de la deuxième République en , en instaurant le suffrage universel souleva un véritable espoir en France. Mais, Louis-Napoléon Bonaparte , prince-président, pour conserver le pouvoir après , fomenta un coup d'État qu'il réalisa le 2 décembre [ ]. Déjà, le 8 janvier , André Ailhaud , un républicain convaincu, s'était rendu à Saint-Étienne-les-Orgues, pour un mariage.

Sa venue déclencha une manifestation anti-gouvernementale. Au cours du banquet, debout sur une table, il exhorta les convives à la défense de la République et de ses valeurs. Les applaudissements furent nourris [ ]. Dès que la nouvelle du coup d'État fut connue, le 4 décembre, ce fut André Ailhaud qui proclama l'insurrection contre celui-ci [ ]. Les Basses-Alpes se soulevèrent pour marcher sur Digne [ ].

À chaque village traversé, les républicains, armés de fusils et de faux, formaient de nouvelles colonnes grossissant l'armée qui devait investir la préfecture [ ]. De Saint-Étienne-les-Orgues, un groupe fort de trente-quatre hommes et deux femmes partit le 5 au matin rejoindre les autres colonnes [ ].

Ce fut là que les insurgés apprirent qu'un bataillon bonapartiste remontait la vallée de la Durance. Lors de la rencontre des Mées , la troupe gouvernementale battit en retraite face aux républicains commandés par Ailhaud. Les Basses-Alpes étant le seul département insurgé, le comité de résistance donna l'ordre de dispersion. Ce fut pour Ailhaud le repli sur Saint-Étienne-les-Orgues, commune qui devient le dernier bastion de la résistance républicaine [ ].

Ailhaud préféra alors se réfugier dans la montagne de Lure.

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