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Fiche technique Sharan

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Le roman, en effet, pourrait reconnaître pour sien ce personnage dont l'ascension et la chute fulgurantes ont inscrit le mythe dans l'Histoire.

Monde clos, dont les ficelles sont manipulées par un créateur démiurge, le roman déploie en effet des personnages qui ne sont pas, comme nous, englués dans l'arbitraire ni voués à des hasards dérisoires.

Pour Camus, l'intérêt du roman se rattache à la façon dont l'homme se sent situé et déterminé sur la terre. Les gens voudraient rester fidèles à leurs douleurs et à leurs passions, mais des "distractions" surviennent, et ils se laissent entraîner, à leur honte secrète, là où les nécessités de l'existence les détournent de leur monde intérieur.

A cette versatilité, reflet de l'incohérence générale du monde, le roman semble opposer la fidélité à soi, la permanence. Camus donne lui-même dans L'Homme révolté des exemples de cette fabrication par le roman d'un destin cohérent où l'homme trouve une unité: Qu'est-ce que le roman, en effet, sinon cet univers où l'action trouve sa forme, où les mots de la fin sont prononcés, les êtres livrés aux êtres, où toute vie prend le visage du destin.

Le monde romanesque n'est que la correction de ce monde-ci, suivant le désir profond de l'homme. Car il s'agit bien du même monde. La souffrance est la même, le mensonge et l'amour. Les héros ont notre langage, nos faiblesses, nos forces.

Leur univers n'est ni plus beau ni plus édifiant que le nôtre. Mais eux, du moins, courent jusqu'au bout de leur destin, et il n'est même jamais de si bouleversants héros que ceux qui vont jusqu'à l'extrémité de leur passion. Elle est sans doute Mme de Clèves, et pourtant elle ne l'est point. Où est la différence? La différence est que Mme de La Fayette n'est pas entrée au couvent et que personne autour d'elle ne s'est éteint de désespoir.

Nul doute qu'elle ait connu au moins les instants déchirants de cet amour sans égal. Mais il n'a pas eu de point final, elle lui a survécu, elle l'a prolongé en cessant de le vivre, et enfin personne, ni elle-même, n'en aurait connu le dessin si elle ne lui avait donné la courbe nue d'un langage sans défaut. Il n'est pas non plus d'histoire plus romanesque et plus belle que celle de Sophie Tonska et de Casimir dans Les Pléiades de Gobineau.

Habituée à être aimée, elle s'impatiente devant celui-ci qui la voit tous les jours et qui ne s'est pourtant jamais départi d'un calme irritant. Casimir avoue son amour, en effet, mais sur le ton d'un exposé juridique. Il l'a étudiée, la connaît autant qu'il se connaît, est assuré que cet amour, sans lequel il ne peut vivre, n'a pas d'avenir.

Il a donc décidé de lui dire à la fois cet amour et sa vanité, de lui faire donation de sa fortune — elle est riche et ce geste est sans conséquences — à charge pour elle de lui servir une très modeste pension, qui lui permette de s'installer dans le faubourg d'une ville choisie au hasard ce sera Vilna , et d'y attendre la mort, dans la pauvreté.

Il mourra, à Vilna, de sa passion triste. Le romanesque a ainsi sa logique. Une belle histoire ne va pas sans cette continuité imperturbable qui n'est jamais dans les situations vécues, mais qu'on trouve dans la démarche de la rêverie, à partir de la réalité. Si Gobineau était allé à Vilna, il s'y serait ennuyé et en serait revenu, ou y aurait trouvé ses aises. Mais Casimir ne connaît pas les envies de changer et les matins de guérison.

Il va jusqu'au bout [ C'est avant tout de l'organisation du roman qu'il s'agit ici. La façon dont se rencontrent les personnages, dont se conviennent les décors et les êtres, dont les événements de la vie personnelle s'inscrivent dans les événements de la vie publique, dont s'achèvent surtout les chapitres, les existences, l'histoire elle-même, voilà ce qui constitue, à l'intérieur d'un roman, l'image du destin. Ce mot est commode pour désigner une existence dont on connaît le but, qui pourrait se résumer en un mot, mais il y a évidemment quelque chose de trompeur dans cette correction que le roman inflige à la vie, et déjà au XVIIème siècle ce "mensonge" des romans était un des griefs que l'on avait contre eux.

Camus, ici, reprend indirectement cette critique en constatant que le roman ne décrit qu'une réconciliation superficielle de l'homme avec sa condition. On peut même se demander si une interprétation de l'histoire de la civilisation occidentale ne se profile pas derrière ces lignes: La philosophie laissait entrevoir le gouffre de l'absurde: Le libellé du sujet nous invite à adopter une démarche dialectique: On pourra souligner que le roman constitue aussi un instrument de recherche capable de libérer le lecteur au lieu de l'enfermer dans l'illusion d'un ordre.

L a conception du roman que vise Camus est fondée sur une organisation concertée du destin des personnages: Quoi de plus passionnant en effet que le type de méditation qu'inspire cette circonstance, qu'on la croie ou non le fruit du hasard? Tous les romans en donnent des exemples, parce que toute existence doit à ses rencontres de s'être infléchie comme ceci plutôt que comme cela.

Dans le roman, ce hasard est toujours providentiel, puisque le romancier l'a agencé selon ses desseins, dans la voie qu'il entend faire suivre à ses personnages pour aller au bout d'eux-mêmes voir les remarques du narrateur dans La Nausée de Jean-Paul Sartre.

Le héros peut être défini par un vice implacable l'avarice du Père Grandet , par une passion la musique pour le Jean-Christophe de Romain Rolland , par la fidélité à un lieu même la maison des Trembles pour le Dominique de Fromentin. Tous ces héros sont des modèles auxquels nous cherchons à nous identifier, alors même que nos personnalités sont soumises à mille influences et transformations.

Ici encore, dans le roman, on est généreux, sublime, ignoble ou malheureux comme il n'est pas permis! On peut prendre l'exemple de Gervaise dans L'Assommoir d'Émile Zola, roman réaliste pourtant, où tous le fléaux subis par la condition ouvrière se trouvent rassemblés sur le dos de ce personnage pour le rendre plus signifiant. Que ne ferions-nous si nous n'étions pas raisonnables!

Nous toucherions l'oreille du patron, comme Salavin, nous escaladerions la fenêtre de notre maîtresse, comme Julien Sorel, nous quitterions brusquement la maison paternelle, comme Bernard Profitendieu.

Bref, nous vivrions dangereusement dans un monde où tout est possible, — si nous étions des héros de roman. Le genre romanesque a la privilège de se contester lui-même dans ses principes de création: Loin de corriger le monde réel, le monde imaginaire de Frédéric Moreau est corrigé dans le roman même par l'évocation d'un réel fourmillant.

Le roman peut ainsi délibérément ignorer ce monde-ci, en imaginant un univers qui ne se contente pas de s'en démarquer. Dans L'Entretien sur l'art du roman, Milan Kundera distingue réalité et existence: Et l'existence n'est pas ce qui s'est passé, l'existence est le champ des possibilités humaines, tout ce que l'homme peut devenir, tout ce dont il est capable. Les romanciers dessinent la carte de l'existence en découvrant telle ou telle possibilité humaine.

Il n'y a plus d'illusion, dès lors que la "fabrique" ouvre ses portes au public. Ainsi, dès les premières pages de Jacques le Fataliste , Diderot insiste sur la possibilité qu'a l'auteur de choisir les hasards qu'il veut pour ses personnages.

Les dernières pages, où plusieurs dénouements sont proposés, sont également significatives. Dans de tels cas, tout en restant fidèle à ses ressorts traditionnels et factices, le roman souligne la vanité des corrections que l'on voudrait apporter au monde réel: Les personnages y sont évanescents, les rencontres inopérantes, les aventures dérisoires et énigmatiques. Cet égarement du sujet dans un monde labyrinthique est sensible dans les romans de L.

Céline, dans le Nouveau Roman. Ainsi, en se prenant lui-même comme objet, ou en décomposant ses propres procédés, le roman parvient à supprimer le "charme" qui l'entourait. Mais si le roman se libère ainsi des reproches qu'on peut lui adresser avec Camus, n'est-ce pas en frôlant sa mort? L'essence du plaisir romanesque tient à l'organisation du chaos de nos existences: C'est que, dans un roman, on ne tient pas forcément à retrouver la banalité ni l'éparpillement à quoi nous sommes condamnés.

Le public a ainsi toujours boudé les expérimentations narratives et préféré les ressorts classiques qui le font pénétrer dans un monde plus cohérent, si ce n'est plus beau, que le sien. Nous ne sommes pas dupes de cette entreprise: Nous acceptons avec bonheur le "monde imaginaire" du roman parce qu'il est le reflet le plus compréhensible possible d'une subjectivité étrangère à la nôtre, et qui nous resterait inconnue autrement.

La paix qui se dégage des constructions romanesques n'est pas celle que prouve l'illusion d'un monde en ordre. Elle est celle que goûtent les esprits qui échappent, pour un moment, aux malentendus des relations superficielles entre les hommes, pour connaître une communication authentique. Qu'on ne nous dise pas que le personnage de roman reste une pure fiction sans consistance! Le court extrait suivant nous convaincra du contraire, où Marcel Proust établit une réalité du personnage plus consistante que les êtres de chair que nous connaissons dans la vie "réelle": Marcel Proust, Du côté de chez Swann Alain Robbe-Grillet écrit dans Pour un nouveau roman Peut-être n'est-ce pas un progrès, mais il est certain que l'époque actuelle est plutôt celle du numéro matricule.

Le destin du monde a cessé, pour nous, de s'identifier à l'ascension ou à la chute de quelques hommes, de quelques familles. Le monde lui-même n'est plus cette propriété privée, héréditaire et monnayable, cette sorte de proie, qu'il s'agissait moins de connaître que de conquérir.

Avoir un nom, c'était très important sans doute au temps de la bourgeoisie balzacienne. C'était important, un caractère, d'autant plus important qu'il était davantage l'arme d'un corps-à-corps, l'espoir d'une réussite, l'exercice d'une domination.

Debussy , Arabesque No. Debussy, Suite Bergamasque K. Scriabine, 3 Pezzi op. Mozart, Sonate pour violon et piano L. Chausson , Poème op25 pour violon et piano M. Mozart , Sonate K. Debussy , Estampes F.

Chopin , 4 Ballades. Michel Dalberto, piano L. Debussy, Quatre Images, extraites du deuxième Cahier: Eh oui, la percussion peut tout à coup se livrer aux joies de la musique de chambre! Debussy , 6 Préludes F. Liszt, 3 Sonnets de Petrarque. Quelle belle idée a eu la talentueuse Suzana Bartal de faire se rencontrer dans un même programme Debussy et Liszt, qui se sont réellement rencontrés, à Rome?

Mozart, Divertimento en ré majeur, KV F. Hummel, Concerto pour trompette en mi majeur, S49 F. Une éblouissante soirée, qui fait se côtoyer deux solistes majeurs! Après le Divertimento de Mozart, surdoué de 16 ans, place aux solistes accompagnés par les Salzbourg Chamber Solists:

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